Regarder vers des horizons d’attente communs

et créer la survenue de ces espaces en mouvement :

Aujourd’hui, comme le montrent de nombreux sociologues et anthropologues qui travaillent sur les organisations sociétales, ce sont particulièrement les classes moyennes émergées qui dénigrent, implicitement, les cultures des classes populaires. Phénomènes relativement récents et nouveaux, nous disent-ils et sûrement, liés à un repli identitaire car ces cultures des classes moyennes sont malmenées et mises en danger par des systèmes hégémoniques et libéraux dans lesquels elles ne veulent pas perdre leurs places. Ainsi, vaut-il mieux pratiquer dans l’ombre des politiques élitistes, pour soi et ses enfants,  et se dire dans la transparence permanente mensongère, homme de gauche, avec des volontés de partager des situations communes.

Peut-être ainsi, les ouvriers de Goodyear montrent bien par les solidarités qu’ils ont fait exister, qu’il reste encore quelque chose de ces vécus et héritages des cultures des mondes des prolétaires, ou des précaires économiques en capacité de se mettre encore ensemble pour lutter contre une domination inhérente à notre genre humain. Mais, à la différence d’autres imaginaires passés, nous pensons que l’implicite, ici, dans ces luttes, se cache dans ces nouveaux abandons des classes moyennes en danger qui participent à faire imploser les possibilités de rapports de forces créateurs de renouveaux politiques et de l’émergence de réels contre-pouvoirs, nécessaires à tous types d’organisations sociales toujours en tension entre ces différents mondes.

Gilles Deleuze, philosophe politique, dépeint l’homme de gauche comme l’homme qui regarde vers un horizon commun à créer avec tous. Regardez vers un horizon d’attente commun et particulier à chacun nous aspirent donc ici. Un horizon à faire émerger dans nos productions et créations artisanales. Nous sommes animés par ces désirs d’un « commun-peuple » comme dit encore ce philosophe, toujours et joyeusement à renouveler et à transformer. Il s’agirait de le concevoir en mouvements permanents vers des aux-delà tenables, rejoignables, à confronter dans des dialogues qui permettent de renouveler nos représentations subjectives individuelles et collectives que nous avons tous à régénérer, détruire, reconstruire, re-imaginer, réinventer entre permanence et impermanence.

Ici, nous cheminerons donc dans des réflexions ouvertes à la cogitation dans des démarches qui tenterons elles aussi de sortir des sentiers duels pour créer des réflexions s’agitant dans des interstices, entre les bornes, dans des chemins buissonniers, de traverses. A gager, que quand les choses nous apparaissent comme des évidences, elles sont toujours à regarder de plus près et à tenter de contrarier. Le dialogue est bien au cœur de l’existence possible de la démocratie et oblige à toujours s’ouvrir aux jeux des contraires. Il s’agit donc dans ces espaces de réflexions de se confronter à la pensée de l’autre et vis et versa pour apprendre et transformer nos horizons de  pensées et d’imaginaires toujours reliés l’un à l’autre. La question qui nous semble donc particulière à faire remonter dans ces déficits de contre-pouvoirs nommés partout, serait donc ouverte à la défaillance des classes moyennes qui ne jouent plus ce rôle d’émergence de luttes potentielles et de sens critiques, ni de rêves d’un commun possible.

La question serait plutôt de voter pour se débarrasser de la question politique et se décharger de toute implication et responsabilité au plus vite pour continuer à profiter du confort moderne sans trop de turpitudes. Nous sommes ainsi tous confronter à ces nouveaux champs de représentations qui nous interrogent, nous blessent, nous heurtent. Car chaque collègue pourrait potentiellement, dans une logique de self made man, ne plus en être un, chacun menant sa petite entreprise de vie en détournant son regard, de celui qui se fait mutiler, pour se donner l’illusion que lui, est différent, et s’en sort mieux. Nous ne croyons pas à ceci car nous pensons que nous sommes tous égratignés, voir déstructurés par toutes les zones en friches que nous abandonnons dans ces espaces de vies en tension. Personne ne sort indemne de ces humiliations individuelles et collectives qui laminent les champs des possibles.

Toutes ces questions nous concernent d’autant plus que nous sommes nous mêmes reliés à ces réalités présentes qui nous ont aussi amené à pour certains d’entre-nous à la limite de la compromissions. L’impuissance d’action sur le réel est totalement destructrice. Donc, il s’agira d’agir avec tous ici à ré-ouvrir nos pensées et imaginaires à des communs et particuliers à remettre en authenticité avec soi et les autres et toujours à recréer pour dire et faire voir ce qu’on désire montrer de nos sens communs.

Manifestation sur le parvis du palais de justice de Nantes en soutien et contestation 
aux condamnations à la prison ferme des ouvriers de Goodyear - 5 février 2016 -

salériés goodyear : 10 mois ferme

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